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Le CAC 40 poursuit sa contraction et enfonce les 8 000 points
information fournie par Zonebourse 30/09/2026 à 17:56

La séance s'achève dans la morosité en Europe. Au gong final, Paris lâche 0,89%, à 7 965 points, tandis que Francfort recule de 0,74%. Après avoir longtemps oscillé autour de son point d'équilibre, Londres termine finalement aussi en rouge et lâche 0,24%. Sans avancée notable au Moyen-Orient, les marchés restent confrontés à des cours de l'or noir élevés et à des tensions sur le compartiment obligataire.

On y est. Après sept semaines de contraction consécutives, l'indice parisien a touché puis enfoncé le seuil symbolique des 8 000 points. Si Sanofi et Air Liquide signent les meilleures performances du jour avec respectivement 1,64% et 1,18%, la place parisienne est freinée par Eiffage (-2,53%) et BNP Paribas (-2,46%).

La contraction du CAC 40 est enclenchée depuis la semaine du 10 août. A cette époque, le rendement de l'OAT à échéance de 10 ans était de 3,97%, contre 4,80% aujourd'hui. Dans le même temps, le "spread" (soit l'écart avec le Bund de même échéance) est passé de 80 pb à 123 pb, reflétant la hausse de la prime de risque associée à la dette française.

Commerzbank estime que le déficit budgétaire tricolore pourrait se maintenir autour de 5% du PIB, voire davantage, dans les prochaines années, tandis que la charge d'intérêts devrait fortement progresser. La banque prévient qu'en l'absence d'accord sur le budget, le déficit pourrait dépasser 5,5% en 2027, sur fond d'incertitudes politiques à l'approche de l'élection présidentielle.

En effet, "la France affiche l'un des ratios de dette publique rapportée au PIB les plus élevés de la zone euro, ainsi que le déficit le plus important. Elle dispose également, sans doute, de l'un des Parlements les plus fragmentés. Elle est donc particulièrement exposée aux facteurs qui poussent les rendements obligataires à la hausse", rapporte Kevin Thozet, membre du comité d'investissement de Carmignac.

Banques centrales à l'affût et pluie de statistiques

Autre difficulté : tant que l'inflation reste tirée par l'énergie (le Brent progresse encore de 3,5% aujourd'hui, à 98,9 USD le baril), la BCE dispose de marges limitées pour infléchir sa politique monétaire.

Le tableau est différent outre-Atlantique, où les investisseurs entrevoient davantage de latitude pour la Réserve fédérale. Il aura suffi hier d'une petite phrase du président de la Fed de New York, John Williams, considérant qu'il n'y avait "aucune urgence" à poursuivre la hausse des taux, pour faire chuter la probabilité d'un relèvement en octobre de 71% à 37%, selon l'outil FedWatch du CME.

A ces interrogations sur les taux s'est ajoutée une salve d'indicateurs macroéconomiques de part et d'autre de l'Atlantique. En France, l'inflation a accéléré à 3% en septembre en rythme annuel, après 2,4% en août, tandis que la consommation des ménages s'est contractée de 0,5% en volume en août sur un mois, après une augmentation de 0,4% en juillet.

Outre-Rhin, l'indice des prix à la consommation a augmenté de 3,3% sur un an en septembre, après une hausse de 2,9% en août. Cette accélération de l'inflation allemande vient elle aussi compliquer l'équation de la BCE. Par ailleurs, le nombre de demandeurs d'emploi est ressorti en hausse de 12 000 par rapport à août, à 2,994 millions, en données ajustées des variations saisonnières, alors que le consensus prévoyait une augmentation de seulement 1 000.

Aux Etats-Unis, les indicateurs ont témoigné d'une activité plus robuste qu'anticipé. Le PIB a augmenté de 2,2% au deuxième trimestre, loin de la précédente estimation, qui s'établissait à 1,5%, tandis que le rapport ADP témoigne de la création de 90 000 postes le mois dernier, bien au-delà des 73 000 attendus.

Par ailleurs, l'indice des prix PCE américain a progressé de 3,4% en août, en rythme annuel, contre 3,7% attendus, après 3,4% en juillet.

"Cette surprise à la baisse s'explique en partie par des changements méthodologiques introduits par le BEA, tandis que l'inflation sous-jacente mesurée par le PCE ("Core PCE"), l'indicateur d'inflation privilégié par la Fed, a progressé de 0,2% sur un mois", nuance toutefois Christophe Boucher, Directeur des investissements chez ABN AMRO Investment Solutions.

Les valeurs en mouvement

Sur le front des marchés, Air Liquide ( 1,18%) fait part d'un nouvel investissement de plus de 170 millions d'euros pour fournir des gaz ultra-purs à l'un des principaux fabricants de semi-conducteurs au Japon, dans le cadre d'un accord à long terme visant à soutenir le développement de l'usine existante de fabrication de puces logiques de ce client.

HSBC indique avoir revu à la baisse son objectif de cours sur Hermès (-1,18%), jugeant que la maison de luxe parisienne n'est pas immunisée contre la dégradation de la conjoncture économique.

Après avoir gagné jusqu'à 1,6% en début de séance, Airbus termine finalement sur une note stable ( 0,07%). Le titre a été longtemps porté par une déclaration du ministre de la Défense allemand évoquant l'achat potentiel de 16 nouveaux A400M. Par ailleurs, Lars Wagner, directeur général de la division Avions commerciaux d'Airbus, s'est dit "très confiant" quant à la capacité du groupe à atteindre 870 livraisons en 2026. Autre signal positif, l'A350F a effectué son vol inaugural hier. L'entrée en service de l'appareil est prévue au second semestre 2027.

Pernod Ricard progresse de 1,1% après un relèvement de l'objectif de cours de Deutsche Bank, qui vise désormais 63 EUR sur le titre du numéro deux mondial des spiritueux, contre 61 EUR précédemment.

Ailleurs en Europe, Roche (-0,49%) indique que la FDA américaine a accepté d'examiner en priorité sa demande d'autorisation de mise sur le marché (New Drug Application, NDA) pour le fénébrutinib, un inhibiteur non covalent de la tyrosine kinase de Bruton (BTK), développé pour traiter les formes récurrentes (RMS) et primaires progressives (PPMS) de la sclérose en plaques.

Le groupe allemand Nordex ( 1,45%) a obtenu de nouvelles commandes pour un total de 175 MW dans trois pays européens : la France, le Portugal et l'Espagne. Les contrats prévoient la fourniture et l'installation de 34 éoliennes, ainsi que des contrats d'entretien sur plusieurs années.

Enfin, CSG (-0,62%) annonce son intention de créer en décembre 2026 une deuxième coentreprise en Azerbaïdjan, consacrée à la production locale d'obusiers automoteurs. Le démarrage de la production est prévu en 2027.

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